LE MEURTRE FONDATEUR

La notion de meurtre traverse toute l’œuvre de Freud ; de Œdipe à Moïse, en passant par le meurtre du Père de la horde primitive. Eclipsé par sa trop étroite liaison au « père », l’acte du meurtre mérite une attention élective en tant qu’opération psychique engagée dans l’avènement du désir, de la pensée, des actions humaines. Au décours des troubles de la mentalisation, cet acte psychique peut être agi en tant que crime, ou inversement être à l’origine des inhibitions, indéterminations et défections.

Le meurtre est impliqué dans le complexe d’Œdipe au sein duquel il ouvre les voies de la transgression et de la psychopathologie. Par la culpabilité après coup, il peut se mettre au service de la morale civilisatrice et de la culture. Dans L’homme Moïse, s’entremêlent les deux lignées du meurtre destructeur et du meurtre générateur, selon une série de retours posthumes et d’après-coups féconds. Il participe alors à l’acte créateur, à l’inscription et la construction de l’histoire, à toutes les transmissions, héritages, cultes des ancêtres et arts funéraires, à la promulgation des interdits, des commandements et des lois, à la gestion des groupes et de la démocratie, à l’esprit du politique qui implique de pouvoir penser un art de la guerre.

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